raphael

raphael
Un visage émacié androgyne, une voix inouïe, un discours sans concessions sur le monde d'aujourd'hui sous de multiples influences musicales, Raphael envoûte ou agace.




Raphael Haroche voit le jour à Boulogne, en banlieue parisienne, d'un père russe et d'une mère argentine, le 7 novembre 1975. La profondeur des chants slaves et l'énergie des rythmes sud-américains bercent l'enfance de ce fils d'avocats qui, dès son plus jeune âge, se passionne pour la musique et fait ses gammes sur le piano familial. A l'âge de sept ans, il découvre David Bowie et se fascine pour l'univers baroque du créateur de "Ziggy Stardust". Plus tard, ses références iront d'Iggy Pop à Bob Dylan, de Noir Désir à Jacques Brel ou Léo Ferré.


Touche-à-tout, Raphael s'intéresse un temps au saxophone dans son adolescence, mais il comprend vite que son besoin de liberté nécessite une compagne aventurière qui a fait ses preuves, la guitare. Accessoirement, les samplers et les ordinateurs permettent à l'artiste en herbe de composer ses premières chansons, tout en poursuivant ses études qui le conduisent vers Hypokhâgne - il n'y reste que trois jours -, puis en faculté de droit.


Locataire de l'Hôtel de l'Univers


Finalement, son désir d'aller jusqu'au bout de sa passion amène Raphael à cesser son parcours universitaire pour se consacrer la musique. Un repli sur la création de trois ans lui est nécessaire, tout juste interrompu par quelques figurations au cinéma.


Sa rencontre avec Caroline Manset (la fille du chanteur Gérard Manset) est déterminante. Elle devient son manager et l'encourage à présenter une première maquette auprès des maisons de disques. A 24 ans, le jeune homme a déjà du talent et de la chance, puisque son premier rendez-vous chez EMI est concluant, la maison d'édition signe son premier album pour lequel il jouit d'une totale liberté pour sa réalisation.


Cet "Hôtel de l'Univers", pour Raphael, c'est «une métaphore de la vie, nous sommes locataires du monde, on fait notre vie et on s'en va». Sa protectrice signe quatre titres dont la chanson qui donne son nom à ce premier opus. L'auteur pose un regard critique sur la société de consommation ("Cela nous aurait suffi", "Qu'on est bien dans ce monde") et décrit avec tendresse ou humour féroce les relations amoureuses ("Laisse faire, Libre-service"). Sous l'influence des figures de la pop et de la chanson traditionnelle qui l'ont fait grandir, Raphael imprime sa griffe sur le renouveau du rock français du troisième millénaire.


Un Kerouac des temps modernes


Pour Raphael, l'écriture est un exutoire et il a une facilité déconcertante lorsque la muse le visite, pour écrire ses textes en quelques minutes. Ce grand amateur de littérature a pour compagnons de chevet Jack Kerouac ou William S. Burrough, des auteurs américains, révoltés ou marginaux qui ont baigné ses jeunes années.


Plutôt attiré par les sons travaillés en studio, les arrangements fignolés jusqu'à plus soif, Raphael doit faire ses preuves face au public, et il apprend vite. Après la sortie de son premier album, Raphael découvre la scène en première partie de Vanessa Paradis, à Paris et en tournée. On le retrouve également en lever de rideau de Frank Black, l'ancien chanteur des Pixies, ou de Jean-Louis Aubert.


Une nomination aux Victoires de la Musique, en tant que Révélation de l'année, vient couronner ces débuts prometteurs en 2002. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, il se produit en première partie de son idole de toujours David Bowie, à l'Olympia.


La réalité


Au printemps 2003, sort le second album de Raphael "La réalité", à la tonalité beaucoup plus posée que le précédent, où le piano remplace les riffs des guitares saturées. A 27 ans, il écrit et compose toujours ses chansons, avec toutefois deux interventions notables de Gérard Manset ("La mémoire des jours"et "Etre Rimbaud"). Deschroniques de la petite enfance, des chansons de révolte ou d'amitié, constituent les douze titres d'un album réalisé par Jean Lamoot, qui a collaboré avec Alain Bashung, Noir Désir ou encore Indochine.


Un duo à succès symbolise le sens de la fraternité chère à Raphael. Jean-Louis Aubert le rejoint "Sur la route", pour une chanson qui lui a été inspirée par deux vendeurs de roses venus des pays de l'Est, qu'il croisa dans un train de nuit à Bruxelles, un 31 décembre. Ce premier extrait séduit et touche une large audience.


Après un passage remarqué à l'Olympia le 14 octobre, le quatrième trimestre 2003 permet à Raphaël et ses musiciens de partir en tournée, à la rencontre d'un public déjà acquis ou à conquérir. Celui que l'on comparait à Damien Saez au début de sa carrière prend désormais une route qui n'appartient qu'à lui.


Alors qu'il a réalisé un bon score en vendant 160.000 exemplaires de "La réalité", il s'attaque rapidement à l'écriture de l'album suivant. "Caravane", sort en mars 2005.

Il a fait appel à Carlos Alomar, guitariste de Bowie, qu'il admire depuis longtemps, mais aussi à Jean Lamoot et au producteur Dominique Blanc-Francard. Les textes sont sensibles, parfois graves ("Et dans 150 ans"), parfois euphoriques ("C'est bon aujourd'hui"), toujours servis par une voix caractéristique qui en emmène certains dans quelques rêveries ("Caravane").

les fans de saez adoreront surement ce chanteur o grand talent


coolmec
# Posté le lundi 24 octobre 2005 15:19
Modifié le lundi 24 octobre 2005 16:34

Joe Satriani

Joe Satriani
Joe Satriani est né le 15 juillet 1956 à Westbury dans l'État de New York. Se passionnant dès son plus jeune âge pour le blues, il commence à jouer de la batterie dès l'âge de 8 ans puis du synthé. Le 18 septembre 1970, tout s'écroule pour lui lorsqu' Hendrix meurt. Joe, qui n'a alors que 13 ans, décide d'arrêter de jouer au football pour se consacrer entièrement à l'instrument de son idole. Les années suivantes seront ainsi des années d'exercice assidu dans le seul but de devenir un grand guitariste. Il y apprendra les théories musicales à la High School auprès de Bill Wescott et commencera à s'intéresser au jazz. Parallèlement, il joue dès 1976 au sein du groupe "Justice". A l'âge de 18 ans, il suit aussi des cours avec le pianiste de jazz Lennie Tristano et le guitariste Billy Bauer. De cette expérience, il apprendra la composition et la rigueur.

En 1978, il est nommé professeur à Berkeley (Californie) et enseigne à des guitaristes qui ne tarderont pas à être célèbres, tels Kirk Hammett (Metallica) et surtout Steve Vai. Avec ses amis Andy Milton et Jeff Campitelli (avec lequel il joue toujours aujourd'hui), il forme en 1979 le groupe de pop "The Squares" qu'il dissoudra en 1984 faute de succès commercial. Laissant son groupe de côté, il enregistre seul sur le label indépendant Rubina un "mini-album" de cinq titres: "Joe Satriani". Mais l'échec est là encore cuisant.

En 1986, il parvient à enregistrer son premier album avec Campitelli à la basse et Cuniberti aux percussions: "Not of this Earth" ne sera distribué qu'à peu d'exemplaires. Steve Vai, qui joue alors avec Frank Zappa, le présente à Relativity Records. Séduite par ses maquettes, Relativity lui commande rapidement un nouvel album. Et c'est ainsi que sort "Surfing With The Alien" en 1987. Joe fait le pari insensé de vendre de la musique rock 100% instrumentale et se montre comme un artiste aux multiples talents et au feeling très prononcé comme sur son hymne Satch Boogie. Le succès ne se fait pas attendre et l'album devient le 1er disque de rock instrumental de l'histoire à obtenir un disque d'or. Ce qui pousse sa maison de disques à rééditer en 1988 son "véritable" premier album "Not of this earth" passé incognito deux ans plus tôt. Une pochette toute neuve et un peu de marketing font le reste... La même année, Joe enregistre avec le bassiste Stuart Hamm trois titres durant sa tournée "Surfing with the Alien" plus un inédit studio, The crush of love, et sort le maxi-single "Dreaming#11", confirmant ainsi tout son potentiel.

Tout s'enchaîne alors. Une tournée en première partie de Greg Kihn permet à Satch de rencontrer Mick Jagger. En 1989, alors que celui-ci est en tournée solo, il demande à Joe de venir remplacer Jeff Beck. De retour en studio, il sort son 3ème disque "Flying in a blue dream" dans lequel, grande nouveauté, il chante pour la première fois. Joe se révèle être un artiste complet sachant jouer dans différents registres (blues, hard-rock) qu'il visitera plus en détails dans ses albums suivants. Cet album lui vaudra d'ailleurs d'être nominé par "Guitar Player" dans la catégorie "meilleur album" avant de recevoir en 1990 le titre de meilleur guitariste de l'année.

En 1992 sort "The Extremist". Cet album est un succès auprès d'un large auditoire, non seulement aux States, mais aussi en Europe où il parvient enfin à s'imposer. Joe s'adonne volontiers à un jeu musclé résolument hard-rock tout en donnant une image de maîtrise parfaite. Un an plus tard sort le double CD "Time Machine" qui contient une partie studio inédite, une autre avec ses meilleurs titres live.

En 1994, il est appelé à la rescousse par Deep Purple qui a perdu Ritchie Blackmore en pleine tournée mondiale. Mais l'accueil des fans est plus que mitigé. La même année, il sort aussi en Allemagne le sampler "The beautiful guitar". 1995 voit la sortie de "Joe Satriani" qui se veut un retour à la simplicité, aux "roots" puisque Joe s'y essaye en toute modestie au blues, au classique rock et autres influences orientales.

Recoiffé et surmotivé, Satch réinvente en 96 le concept de trio de super guitaristes avec le G3, composé de Steve Vai et Eric Johnson. Cette tournée donnera lieu à la sortie du CD "G3 Live in concert" l'année suivante. De 96 à 98, Joe tourne ainsi à travers les États-Unis puis en Europe changeant au passage de partenaires: aux USA, Johnson se fait ainsi remplacer par Kenny Wayne Shepherd . La tournée française se fait avec Michael Shenker et Patrick Rondat.

En 1998, Joe sort "Crystal Planet" qui se caractérise par un jeu toujours aussi puissant, et par l'usage de synthétiseurs comme au début de sa carrière. L'année 2000 voit cette fois l'arrivée de la techno dans son album "Engines of creation" où il tente de se renouveller par la présence, cette fois, bien marquée des synthés et autres boîtes à rythme.

Meupets
# Posté le dimanche 23 octobre 2005 10:41

My Chemical Romance

My Chemical Romance
Formé dans le New Jersey au début du millénaire alors que ses membres sont encore jeunes, My Chemical Romance ne tarde pas à se faire remarquer dans sa région natale (notamment par ses doyens de Thursday), ce qui leur vaut une signature sur Eyeball Records (label sur lequel les grands frères avaient sorti leur premier album Waiting). 2002 est l'année de la sortie de I Brought You My Bullets, You Brought Me Your Love. Suivent 2 années de tournées en compagnie de The Used, Taking Back Sunday, Story Of The Year etc. Fin 2003, le quintet signe chez Warner/Reprise (Green Day, Less Than Jake, The Distillers, The Used, GlassJAw etc) et enregistre Three Cheers For Sweet Revenge qui nait en juin '04, juste à temps pour la première participation du groupe au Vans Warped Tour...

2 ans après I Brought You..., le quintet du New Jersey revient gonflé à bloc par 2 ans de tournée. L'opus précédent avait déjà fait tourné quelques têtes (en grande partie grâce au talent des jeunes gens mais aussi car c'était Geoff Rickly (chanteur de Thursday) qui en avait été le producteur).

Sur Three Cheers For Sweet Revenge, c'est Howard Benson (Less Than Jake, Motorhead, Hoobastank, Sepultura, Cold etc) qui était aux commandes, un producteur d'expérience donc, pour un résultat à la hauteur de l'évolution du groupe.

En effet, My Chemical Romance a pris de l'assurance, s'engageant sans détour vers ce à quoi ils aspirent: un emo punk à la fois déjanté et popisant mais surtout bourré d'influences aussi divers que variées (citons les Misfits pour leur goût certain pour le gothique ("Hang 'em High", "Cemeteray Drive"), Queen pour la magie des mélodies pop rock, Iron Maiden pour les envolées saveur heavy metal à demi voilées ("Thank You For the Venom"), The Mars Volta/ATDI (« To the End ») pour l'instabilité et l'urgence régnantes sur cet album, et bien sûr une bonne dose d'emo punk qui ne déplairait pas aux fans de The Juliana Theory ou Motion City Soundtrack). Ce mélange non conventionnel résulte en une musique qui ne l'est pas moins. MCR a de la suite dans les idées et surprend de bout en bout, primordialement grâce à la qualité des musiciens, à commencer par le meneur de la bande Gerard Way, vocaliste charismatique, doué et inspiré, capable de passer de la douceur à la rage à demi contenue en une fraction de seconde. Il accentue donc la variété des émotions véhiculées par le groupe avec brio.

Ensuite, bien que menés par un même fil conducteur, les morceaux de la galette ne se ressemblent pas et à l'intérieur même de ceux-ci, MCR laisse la place à bon nombres de dérives et de passages différents mettant plus en scène les autres musiciens et leur talent respectif, un peu à la Mars Volta en somme.

Pourtant il y a une différence fondamentale avec le groupe des chevelus, c'est que bien que résolument originale, personnelle et inspirée, la musique de My Chemical Romance est moins expérimentale, laissant bien plus de place aux structures plus conventionnelles et aux refrains.

Car c'est bien évidemment là le plus gros atout de séduction de MCR: son sens de la mélodie incroyablement développé qui peut rallier tout le monde et n'importe qui à sa cause, une propension mélodique et émotionnelle à toute épreuve, sans tomber dans les clichés, les « déjà entendu », tout ça étant bien sûr le plus marqué dans les refrains mais pas uniquement, loin de là. A noter également qu'aucune chanson ne donne l'impression d'être là pour remplir, toutes contribuent à l'édifice.

Côté paroles (comme côté musique, et même jusque sur la pochette du cd), My Chemical Romance porte bien son nom aux connotations gothiques (c'est un peu l'histoire du Frankenstein de Mary Shelley) : fascinés d'une part par le mal chez les être humains, et particulièrement le meurtre, et d'autre part par l'alliance de ce mal avec l'amour, d'où des textes perturbés, mystérieux, troublants, réunissant souvent les 2 aspects fondamentaux sans clichés là non plus.

Meupets
# Posté le samedi 15 octobre 2005 14:51

Stupeflip

Stupeflip
En 2000 à Paris, un groupe d'allumés post-adolescents met en circulation un cd - maquette sous l'inquiétant pseudonyme de Stupeflip. Avec cette demi douzaine de titres nous arrivait une évidence servie en français : Si Stupeflip n'existait pas il faudrait l'inventer : C'est cru, c'est trash, c'est le chaînon manquant entre le punk rock et le hip-hop. Que faisait Stupeflip entre le punk et L'avènement du rap? King Ju, Flip, Mc Salo et Pop Hip avec tous les autres formaient déjà un "crou ". Ils se sont jurés de faire de la musique un jour mais en plus stupéfiant : "une musique de barrés, un concept de tarés." La devise du crou : "Rien ne sert à rien", (King Ju, 28.04.83) Et juste avant : "Il faut chanter l'amour" (Fabien Polet, 18.03.82. Trouvera la mort dans des circonstances mystérieuses) Le crou se déchire souvent les doigts sur les manches de guitare. Il y a aussi une trompette, un sampler et des orgues Bontempi. Les petits blancs-becs découvrent le rap américain qui a l'Attitude : Public Enemy, Ice Cube, Cypress Hill, Grave Diggers, le Wu Tang, Ghetto Boys... le cinéma gangsta rap en THX. NTM aussi et Oui-Oui . Sur fond de Residents et de Pixies, les gars dessinent sans arrêt, ce qui permet aujourd'hui à ces junkies du crayon de piger occasionnellement l'un dans la pub, l'autre dans la presse(un mensuel masculin, des revues branchées japonaises : l'ère du Stup a déjà commencé...) Signes particuliers :" Je suis une murène, je suis une orque privée de son petit " : Mc Salo a bien mérité son pseudo. Stef, alias Pop Hip, alias Le Vieux, est invisible au radar et bouffe des trous noirs au petit déjeuner. Chez Pop Hip, on est zazou de père en fils depuis plus de 50 ans. Alain Le D' Un sait faire le Moon Walk, c'est pour ça qu'il vient de rentrer dans le crou. King Ju communique sans fil. Il écrit en permanence et fait ca pour le plaisir : stupeflip promet d'être prolifique. Le punky pop français tient le filon ... ... et comment donc le punk hip hop aussi : 6 Nov 2001: La fameuse maquette qui tournait sous les manteaux entre 2 trous de boulettes est maintenant introuvable puisque le crou a décidé de rentrer en studio pour transformer l'objet en cd promo. Ce sera le manifeste "Stupeflip" et son remix, l'inénarrable "Je fume pu d'shit" où Stupeflip invite Jacno. l''icône punk qui retrouve ses petits, et "Comme les zot", une ode speedée à la variété hexagonale, genre de 'Hall of Fame' avec plus de 30 portraits. Ce titre seulement restera à l'état de maquette :indémontable, inégalable, pas re-faisable; le cd - promo 7 titres King Ju signe paroles et musiques . Longtemps tapi dans l'ombre et désirant conserver l'anonymat, il avancera donc masqué, mort vivant revenu pour se venger. Pour la scène, Ju a choisi les gens de son crou, graphistes, réalisateurs et acteurs : il est épaulé par M.c Salo, derviche tourneur hurleur, l'âme damnée du crou, par le bassiste Alain Le Daim et par Cadillac, aka Le Vieux, son égo altéré depuis 8 ans.

Meupets
# Posté le mercredi 05 octobre 2005 09:25

chronique de l'album "from mars to sirius" de GOJIRA

chronique de l'album "from mars to sirius" de GOJIRA
quel evenement majeur g attendu pendant longtempppppppp tressssss longtemp:le nouveau gojira . et putin il est magnifique ,exemplaire,fabuleux bref un joyaux. voici la chronique de l'album pris sur metalorgie .tt ce ke je pense de l'album est ds cette chronique .


Après deux moutures hors du commun « Terra Incognita » et « The Link », incontestables mastodontes de caractères, qu'est ce que le groupe peut nous réserver encore ? Soyons honnête... Est ce réellement possible de créer la surprise pareillement cette fois ci? La barre est haute, très haute... Qu'en est-il alors de ce tant attendu « From Mars to Sirius » ?

Déjà, un artwork sublime, loin des archétypes de métal brutal, mais à vrai dire, nous étions habitué ... De l'homme nu recroquevillé sur lui même, méditant, et plongé dans l'ébène dans « Terra Incognita », nous étions passés à un arbre de vie, bordé d'écarlate vif sur « The Link » et là, c'est le tour à l'infini univers aux tons écrus ou navigue cette baleine, ... Est-ce qu'un album aux coloris plus doux serait le signe d'un apaisement vis-à-vis du précédent album? Où peut être quelque chose plus proche de l'onirisme? A la recherche d'un voyage dans les profondeurs de la vie, ou bien tout simplement un certain besoin d'évasion? Nous voilà face à un univers, encore une fois qui leur est propre, épuré, graphique, efficace, et doté de dogmes probablement très symboliques. Cette baleine, pourrait nous faire nous questionner dans un premier temps, sur un éventuel rapport avec le titre de cet album. Après une recherche concernant ce titre et la baleine, j'ai trouvé un tas de sujets tous aussi passionnant les uns que les autres. J'ai trouvé des correspondances avec la mythologie grecque, des combats écologiques éprouvants, des histoires sur des illustrateurs de cartes célestes anciennes qui nous ont laissé des images de monstres marins (cf. la baleine ?). Le plus étonnant reste sans doute, les Dogons, peuple vivant sur le plateau desséché de Bandiagara au Mali, qui prétendent connaître deux étoiles compagnes de Sirius qui est l'étoile la plus brillante du ciel. Mais à l'½il nu, on ne peut apercevoir qu'une seule étoile. Ce n'est qu'en 1862 que, l'astronome A. Clarke a découvert, grâce à un télescope, la deuxième étoile qui fut nommée alors: Sirius B .

Ceci dit, Gojira semble être un groupe qui s'est affranchit de pas mal de croyances religieuses entre autres... Alors ... tous ces symboles, cette imagerie ? Y a-t-il un rapport avec toutes ces histoires ? Ou pas du tout ? Encore des hypothèses, des questions. Il semblerait que les membres de Gojira aime à jouer, animer un instant nos petites neurones, qu'on ait cette démarche de réfléchir (démarche de plus en plus oublié dans notre chère et tendre culture, qui a plutôt tendance à se gaver sans question aucune) ... Tout en prenant le partit de ne jamais se mettre en avant en tant que musicien, ... Mais plutôt en tant qu'entité, ils véhiculent toujours leurs concepts, leurs façon de penser, le tout en finesse, sans proclamer détenir une vérité. Ce qui nous délivre une musique pour le coup très personnelle, et très loin des dictats du milieu « Métal ». Ce qui n'est vraiment pas, à vrai dire pour me déplaire !

Parlons maintenant de « From mars to sirius » musicalement parlant. A l'écoute, première impression à froid, le chant file. Dans « The Link », il se stabilisait plutôt dans un brut de décoffrage, quasi « mono ambiance ». Ici, il se révèle, se distingue, et nous invite à déguster un assortiment saisissant de transmutations. Comme un voyage, vers des destinations rares, extrêmes, sensibles, brûlantes, oppressantes, le tout actionné à la vitesse de la lumière. On navigue en compagnie de climats à la Devin Townsend (SYL), Pink Floyd (The wall), Grip Inc (Nemesis), (...) des univers en somme à des kilomètres, les uns des autres. C'est vraiment surprenant, d'autant plus que Joe nous étonne dans cette faculté à être autant efficace dans tout ce qu'il arbore. Les ch½urs (nouveauté pour Gojira), poussent les extrêmes, comme une symbiose quasi schizophrénique de plusieurs entités des fois contradictoires. ... C'est probablement la plus grosse surprise de l'album! Le chant se magnifie, c'est un délice. Par exemple dans « From Mars », on imagine une comptine, une berceuse, une utopie onirique, qui se réveille dans « To sirius », et là la réalité claque. Encore une fois Gojira nous donne là, un album très imagé, à fleur de peau, bigarré, les ambiances sont peaufinées, et rappellent tout comme dans les précédents albums, des atmosphères qui pourraient être tirées de longs métrages. Il y a de la vie, des émotions qui restent immuables dans la musique de ces bougres.

Ensuite, c'est vrai, on reconnaît la patte Gojira, c'est indéniable, certains riffs reviennent, et peuvent faire penser aux deux albums précédents. Ceci dit, la couleur de cet album n'est pas aussi évidente que les deux précédents. Il semblerait ici, que les paradoxes soient plus marqués, plus poussés aux extrêmes. Certains amateurs du groupe qui attendaient après l'évolution entre « Terra Incognita » et « The Link » une monté de brutalité, risqueraient d'être déçu. Ceci dit, cet album n'est pas pour autant moins brutal, non. Il est juste plus paradoxal. Dans le morceau « Backbone » nous avons faire à un death saccadé lourd, et brutal. L'ambiance du morceau est pesante, limite claustrophobe. En revanche, les mélodies peuvent être beaucoup plus lancinantes, comme dans la fin de Global Warming, ou tout simplement aérienne et simple dans « Unicorn ». Les genres se mêlent, s'emmêlent ne se ressemblent jamais. Les univers qui m'ont vraiment étonnés sont ceux de « World To Come », qui rappellerait dans le riff un Metallica stoner version « Load », ou l'incroyable « From mars » absolument prestigieux, où tout rappelle l'album « Wall » des Pink Floyd. Il y a des influences très diverses dans cet album, on ressent des univers rock, quelques fois plus new wave, ou grunge. Le tout pourtant allégrement brutal. Cela peut paraître assez contradictoires et pourtant. Le tout admirablement mélangé. Je noterais aussi, une symbiose plus frappante entre tous les membres, les positions de chacun vis-à-vis des compositions, la basse, par exemple, se dénotent plus, elle s'apprécie du coup mieux, comme dans « World to come » ou « Flying Whales ». C'est de même pour chacun des musiciens, batteur, guitariste, et chant.

Alors Gojira a-t-il réussi le paris de nous étonner, tout en gardant cette teinte bien à eux. Cet album est d'une puissance incroyable. Je ne parlerais pas de la production qui est absolument succulente, ni des compétences des musiciens qui ne sont plus du tout à justifier. Gojira se confirme comme un groupe techniquement très au point, compétent, talentueux, inventif, qui sait se recycler, toujours innovant, entier, et loin des clichés laborieux du métal. Voilà un groupe qui sait surprendre. Il est incontestable que ce groupe est à mes yeux LE groupe français incontournable de métal. En espérant qu'ils puissent s'exporter. Car c'est tout le mal que je leur souhaite. Merci à eux pour être aussi étonnant, unique, et entiers. Gojira aux limites de la perfection. C'est jouissif d'arrogance. Cet album est une pure merveille.
# Posté le mercredi 28 septembre 2005 14:36